Nous, Chefs d'Etat et de gouvernement, ou nos représentants, réunis pour le Sommet mondial de l'alimentation à l'invitation de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, réaffirmons le droit de chaque être humain d'avoir accès à une nourriture saine et nutritive conformément au droit à une nourriture adéquate et au droit fondamental de chacun d'être à l'abri de la faim.
Discussion : Etes-vous d'accord avec l'idée que chaque être humain a le droit d'avoir accès à une nourriture saine et nutritive et d'être à l'abri de la faim ? Justifiez votre réponse. Que signifie avoir un " droit " ? Comment faire pour que cette idée devienne réalité ?
Nous proclamons notre volonté politique et notre engagement commun et national de parvenir à la sécurité alimentaire pour tous et de déployer un effort constant afin d'éradiquer la faim dans tous les pays et, dans l'immédiat, de réduire de moitié le nombre des personnes sous-alimentées d'ici à 2015 au plus tard.
Discussion : Malgré les progrès accomplis dans ce domaine, il apparaît aujourd'hui que cet objectif ne sera pas atteint. En vous basant sur ce que nous avons appris dans cette leçon sur la faim, quand pensez-vous que le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde pourra être réduit de moitié par rapport aux chiffres actuels ? Pensez-vous que cet objectif puisse être atteint ? Que devra-t-on faire pour y arriver ?
Nous estimons intolérable que plus de 800 millions de personnes dans le monde et, plus particulièrement, dans les pays en développement, n'aient pas une nourriture suffisant à leurs besoins nutritionnels essentiels. Cette situation est inacceptable. Les disponibilités alimentaires ont considérablement augmenté, mais les difficultés d'accès à la nourriture, l'insuffisance chronique des revenus familiaux et nationaux pour l'achat d'aliments, l'instabilité de l'offre et de la demande, ainsi que les catastrophes naturelles ou causées par l'homme, empêchent la satisfaction des besoins alimentaires essentiels. La faim et l'insécurité alimentaire sont des problèmes aux dimensions planétaires qui risquent fort de persister, voire de s'aggraver de façon dramatique dans certaines régions, si des mesures énergiques et concertées ne sont pas prises de toute urgence, compte tenu de l'accroissement prévu de la population mondiale et de la pression exercée sur les ressources naturelles.
Discussion : La déclaration ci-dessus attribue l'insécurité alimentaire à trois causes principales. Quelles sont-elles ? (1. les difficultés d'accès à la nourriture et l'insuffisance chronique des revenus familiaux et nationaux pour l'achat d'aliments ; 2. l'instabilité de l'offre et de la demande ; et 3. les catastrophes naturelles ou causées par l'homme.) Discuter de ce que l'on entend exactement par chacun de ces points, de leurs causes et des solutions à apporter. Quelles actions peuvent être menées par les gouvernements et les individus pour y remédier ?
Nous réaffirmons qu'un environnement politique, social et économique pacifique, stable et propice est la condition essentielle permettant aux Etats d'accorder une priorité adéquate à la sécurité alimentaire et à l'éradication de la pauvreté. La démocratie, la promotion et la protection de tous les droits de l'être humain et de ses libertés fondamentales, y compris le droit au développement, et la pleine participation des hommes et des femmes sur un pied d'égalité sont des facteurs essentiels pour parvenir à la sécurité alimentaire durable pour tous.
Discussion : Cette section souligne les changements ayant trait à la justice sociale pour tous : démocratie, protection des droits de l'être humain et égalité des droits entre les hommes et les femmes. Discuter de l'incidence de ces problèmes sur la sécurité alimentaire de votre région et de la manière de promouvoir le changement social et culturel localement et à travers le monde.
La pauvreté est une cause majeure de l'insécurité alimentaire et des progrès durables dans l'éradication de la pauvreté sont essentiels pour améliorer l'accès à la nourriture. Les conflits, le terrorisme, la corruption et la dégradation de l'environnement contribuent aussi pour une bonne part à l'insécurité alimentaire. L'accroissement de la production alimentaire, y compris des aliments de base, doit être recherché. Cela doit se faire dans le cadre de l'aménagement durable des ressources naturelles, de l'élimination des modes non viables de consommation et de production, en particulier dans les pays industrialisés, ainsi que d'une stabilisation rapide de la population mondiale. Nous rendons hommage à la contribution fondamentale des femmes à la sécurité alimentaire, notamment dans les zones rurales des pays en développement, et soulignons la nécessité d'assurer l'égalité entre hommes et femmes. La revitalisation des zones rurales doit aussi être une priorité pour renforcer la stabilité sociale et enrayer le mouvement d'exode rural excessif que connaissent nombre de pays.
Discussion : Cette section désigne les principaux problèmes mondiaux comme la pauvreté, la guerre, le terrorisme, la corruption et la dégradation de l'environnement comme jouant un rôle crucial dans la lutte contre la faim. Parmi les solutions, on trouve l'augmentation de la production alimentaire, la protection des ressources naturelles et l'élimination de l'énorme fossé existant entre les nations et les gens les plus riches d'une part et les plus pauvres de la terre d'autre part. La nécessité d'assurer l'égalité entre les hommes et les femmes est réaffirmée. La section se termine sur le grave problème de l'exode rural et la priorité qu'il faut accorder à la revitalisation des zones rurales. Discuter avec les étudiants de ces problèmes, vastes et fondamentaux. Leur demander d'imaginer comment, à leur avis, on devrait s'y prendre pour commencer à remédier à ces problèmes. Etant donné que les ressources sont toujours limitées, quelle priorité donneraient-ils à chaque problème ? Quels critères utiliseraient-ils pour établir les priorités ? Selon eux, quel est le problème le plus urgent ? Le plus facile à résoudre ? Que pensent-ils de la difficile répartition des ressources entre l'assistance alimentaire pour les situations d'urgence et les fonds pour des actions de développement à plus long terme ? Lequel des deux devrait avoir la plus haute priorité ? Pourquoi ?
Nous soulignons l'urgente nécessité d'agir dès aujourd'hui pour nous acquitter de notre responsabilité: réaliser la sécurité alimentaire pour les générations présentes et futures. La sécurité alimentaire est une tâche complexe, qui incombe d'abord à chacun de nos gouvernements. Ceux-ci doivent créer un environnement propice et adopter des politiques assurant la paix, ainsi que la stabilité sociale, politique et économique, l'équité et l'égalité entre les sexes. Nous exprimons notre vive préoccupation face à la persistance de la faim qui, à une telle échelle, constitue une menace à la fois pour les sociétés nationales et, par l'intermédiaire de divers mécanismes, pour la stabilité de la communauté internationale elle-même. Au niveau mondial, les gouvernements devraient aussi collaborer activement, entre eux et avec les organismes des Nations Unies, les institutions financières, les organisations intergouvernementales et non gouvernementales et les secteurs public et privé, à des programmes visant à assurer à tous la sécurité alimentaire.
La nourriture ne doit pas être utilisée comme instrument de pression politique et économique. Nous réaffirmons l'importance de la coopération et de la solidarité internationales, ainsi que la nécessité de s'abstenir de mesures unilatérales qui ne sont conformes ni au droit international ni à la Charte des Nations Unies et qui mettent en danger la sécurité alimentaire.
Nous affirmons la nécessité d'adopter des politiques favorisant les investissements dans la mise en valeur des ressources humaines, la recherche et les infrastructures en vue d'atteindre la sécurité alimentaire. Nous devons encourager la création d'emplois et de revenus et favoriser un accès équitable aux ressources productives et financières. Nous convenons que le commerce est un élément essentiel à la sécurité alimentaire. Nous convenons de poursuivre des politiques commerciales, dans tous les domaines et dans celui des denrées alimentaires, qui encourageront nos producteurs et nos consommateurs à utiliser les ressources disponibles de façon économiquement rationnelle et durable. Nous reconnaissons l'importance pour la sécurité alimentaire du développement durable de l'agriculture, des pêches, des forêts et du développement rural durable dans les zones à faible comme à fort potentiel. Nous reconnaissons le rôle fondamental des agriculteurs, des pêcheurs, des forestiers, des populations autochtones et de leurs communautés, et des autres personnes actives dans le secteur alimentaire, et de leurs organisations, soutenus par un système de recherche et de vulgarisation efficace, dans la réalisation de la sécurité alimentaire. Nos politiques de développement durable favoriseront la pleine participation des populations, spécialement des femmes, et la dévolution de pouvoirs en leur faveur, une répartition équitable des revenus, l'accès aux soins de santé et à l'éducation, et des possibilités pour les jeunes. Une attention particulière sera accordée à ceux qui sont dans l'impossibilité de produire ou de se procurer suffisamment de nourriture pour un régime adéquat, y compris les victimes de la guerre, des troubles civils, des catastrophes naturelles ou des changements écologiques dus au climat. Nous sommes conscients de la nécessité d'agir rapidement pour lutter contre les ravageurs, la sécheresse et la dégradation des ressources naturelles, notamment la désertification, la surexploitation des pêches et l'érosion de la diversité biologique.
Nous sommes décidés à faire en sorte que les ressources techniques et financières, de toutes les sources, y compris l'allégement de la dette extérieure des pays en développement, soient mobilisées et soient affectées et utilisées au mieux, afin de renforcer les mesures nationales de mise en oeuvre des politiques de sécurité alimentaire durable.
Convaincus que les nombreuses facettes du problème de la sécurité alimentaire appellent une action nationale concertée, et des efforts internationaux efficaces pour compléter et renforcer les mesures nationales, nous prenons les engagements suivants:
Nous nous engageons à mettre en oeuvre et à soutenir le Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation.
Rome, le 13 novembre 1996